Un beau jour, j'en ai eu marre2
de ne parler qu'avec des enfants ou des ados3.
C'est4 l'inconvénient du
métier: on ne fréquente4
pas d'adultes. Quand on travaille4
dans un bureau, on se retrouve 4
devant la machine à café pendant les pauses et on discute4
de choses et d'autres. Quand on est prof5,
la pause c'est: "Madame, vous avez lu6
mon devoir?", "Madame, vous avez corrigé le contrôle?"
Je me suis dit: je vais enseigner à des adultes. J'en ai parlé
à mon mari qui m'a répondu: "Pourquoi pas?"
Je ne regrette pas la décision que j'ai prise2.
C'est celle2 qu'il fallait prendre.
On a d'abord cru qu'il s'agissait d'une bombe qui explosait. Puis des gens ont levé la tête et ont tendu2 le bras vers le ciel, alors on a tous levé la tête. De la fumée et des flammes sortaient de la tour. On a eu peur et on a crié. Puis on a entendu3 les sirènes des camions de pompiers. Et tout à coup, un autre bruit comme une explosion. Tu ne le croiras pas! Il y avait un avion encastré dans l'autre tour. Puis quelque chose s'est mis4 à tomber, c'était de la poussière. Il pleuvait de la poussière. Ou plutôt, il en5 neigeait: tout a été blanc, mais pas blanc comme neige6, blanc comme un linceul tendu sur des milliers de gens. Il aura fallu cette vision de cauchemar pour nous faire comprendre qu'une nouvelle ère avait débuté7: l'ère du terrorisme.