Si j'avais une maison, elle serait spacieuse et lumineuse.
Il suffirait d'avoir envie d'un peu d'air frais pour faire s'ouvrir
les fenêtres; un vague désir d'intimité ferait se
fermer les rideaux. Le réveil ne sonnerait que lorsque j' aurais
dormi1 assez longtemps à
mon goût. La douche se règlerait au quart de degré
près2. Le café se
doserait automatiquement. Le beurre aurait une consistance si3
moelleuse que la biscotte n'exploserait jamais pendant que je la beurrerais.
Je n'aurais qu'à regarder une cassette de gym4
pour avoir des abdos5 en béton.
Si j'avais des enfants, la maison connaîtrait ses devoirs. Elle
n'ouvrirait pas sa porte aux sergents instructeurs et les enfants n'entendraient
jamais les détestables "Range ta chambre", "Fais
ton lit" et "Rince ta baignoire". Si les murs de ma maison
avaient des oreilles6, ils entendraient
des mots d'amour et de la musique.
Le voleur ne voit pas pourquoi il devrait être
le seul à faire des efforts. "Mettez-y du vôtre1",
dit-il2 aux gens qui se plaignent
parce qu'il les a volés, "et j'y mettrai du mien1.
Je ferai de mon mieux3 pour ne
voler que les choses dont vous ne voulez plus."
Sans attendre la réalisation de cette promesse, chacun4
essaye de récupérer son bien. Il ne reste bientôt
plus qu'un gros sac vide sur le bureau du flic5.
"C'est mon sac" affirme un des plaignants2.
"Ce n'est pas le vôtre, c'est le nôtre", lui dit
le gros monsieur6 qui se cache
derrière sa femme.
"Menteurs!" hurle2 le
voleur. "Laissez ce sac, c'est le mien. Dites-le-leur,7
monsieur l'agent, que ce n'est pas le leur!"
L'agent se marre8 et répond:
"Tais-toi et admire: à voleur, voleur et demi9.