La Route des Flandres, paru en 1960, est un roman de Claude Simon (prix Nobel de littérature en 1985) qui se passe à la fois avant, pendant et après la deuxième guerre mondiale. Créant une suite d'arrêts sur image en faisant du participe présent le temps principal de sa narration, et obligeant ses personnages à passer plusieurs fois au même endroit, l'auteur donne l'impression qu'il arrête, ou du moins1 ralentit, le passage du temps. Il emmène le lecteur dans un voyage semblant adopter le rythme de la vie réelle. Dans la vie réelle, il n'y a pas d'ellipses possibles, on ne vit jamais "quelques2 semaines plus tard", il n'y a pas la moindre chance de sauter les passages ne nous convenant pas. En lisant Claude Simon, j'ai compris pourquoi, en français, il n'y a qu'un seul mot, temps, pour exprimer le temps de la conjugaison et le temps qui passe.
Personne n'est plus prévisible qu'un homme politique.
Il promet. Grâce à lui, le monde restera frais, et deviendra
même plus verdoyant, plus riche, plus agréable, tandis
qu'2 à cause de ses adversaires
la planète va se réchauffer de plus en plus jusqu'à
devenir inhabitable.
Quitte à3 promettre à
peu près n'importe quoi, pourquoi ne pas nous faire vraiment
rêver? Votez pour moi et les voisins seront de moins en moins
bruyants, les enfants auront de meilleures notes à l'école,
la télévision diffusera autant de programmes intéressants
que vous pourrez en regarder et la tartine ne tombera jamais du côté
du beurre.